Chaque hiver, les mêmes scènes aux mêmes endroits : une file de voitures à l’arrêt dans une épingle, un conducteur qui découvre ses chaînes dans le noir, un car bloqué en travers. La plupart s’évitent avec ce qu’on met dans le coffre avant de partir. Voici ce que la loi exige, ce que la montagne impose, et ce que nos fiches savent des routes de chaque station.
Ce que dit la loi Montagne II
Depuis le 1er novembre 2021, dans les communes désignées par arrêté préfectoral dans 34 départements de montagne — soit l’essentiel des stations de ski — tout véhicule doit, du 1er novembre au 31 mars, soit être équipé de quatre pneus hiver, soit transporter des chaînes ou des chaussettes pour au moins deux roues motrices.
Un pneu hiver, au sens du décret, porte le marquage 3PMSF — le pictogramme d’une montagne à trois pics avec un flocon. Le marquage M+S seul, toléré les premières années, ne l’est plus depuis le 1er novembre 2024. Beaucoup de pneus « 4 saisons » portent le 3PMSF ; tous ne le portent pas, et c’est écrit sur le flanc.
L’obligation s’applique aux voitures, aux camping-cars, aux utilitaires et aux poids lourds. Elle est signalée à l’entrée des zones par un panneau bleu au pictogramme de pneu chaîné. L’amende prévue est de 135 €.
Ce que la montagne impose, au-delà de la loi
La loi dit « chaînes dans le coffre ». La montagne dit « chaînes montées avant l’épingle ». Trois règles que les habitués suivent.
On chaîne avant, pas dedans. Sur une aire prévue en bas de la montée, à plat, avant que la route ne devienne blanche. Chaîner dans une pente enneigée, de nuit, avec les voitures qui klaxonnent derrière, est le moment où l’on se blesse.
Le panneau B26 est un ordre. Le panneau rond bleu « chaînes obligatoires » signifie qu’à partir de là, les pneus hiver ne suffisent plus : les chaînes doivent être montées. On le voit sur la route de Val-d’Isère, de Tignes, de La Mongie les jours de chute.
Une voiture de location a rarement des chaînes. Vérifiez au comptoir, ou achetez des chaussettes homologuées avant de partir — une vingtaine d’euros.
Les cols fermés l’hiver
Certaines routes de montagne ferment de novembre à mai, et un GPS qui l’ignore vous envoie dans un mur de neige. Nos temps de route, calculés sur le réseau OpenStreetMap, évitent les cols fermés l’hiver — l’Iseran entre Val-d’Isère et Bonneval-sur-Arc, le Galibier, le Tourmalet entre La Mongie et Barèges, le Lautaret quand il ferme. Quand une station se rejoint par un détour à cause d’un col, la fiche le dit : « évite le col de l’Iseran, fermé l’hiver ».
Et sur chaque page « accès », deux liens : l’inforoute du département, qui donne l’état des cols et l’obligation de chaînes en temps réel, et Bison Futé.
En voiture électrique
Le froid réduit l’autonomie d’un quart à un tiers, et une montée de 1 500 m de dénivelé consomme comme cent kilomètres de plat. Nos fiches recensent les bornes de recharge en accès libre à moins de deux kilomètres de chaque station, d’après la base nationale — le nombre de points, la puissance maximale, l’opérateur. Là où il n’y en a pas, la fiche l’écrit, avec la date de vérification : les parkings couverts des stations ont souvent des bornes réservées à leurs clients, qui ne figurent pas dans la base.
La check-list du coffre
Chaînes ou chaussettes homologuées, essayées une fois dans le garage. Une lampe frontale. Des gants qui ne craignent pas la neige. Un grattoir. Une couverture. Le plein — ou la batterie — fait en vallée, pas en station où le carburant coûte plus cher et les bornes sont prises. Et le temps de route de la fiche, augmenté d’une heure les samedis de février.









