Pratique

Chaînes, pneus neige, loi Montagne : ce qu'il faut dans le coffre pour monter en station

Du 1er novembre au 31 mars, dans la plupart des communes de montagne, il faut soit des pneus hiver, soit des chaînes ou des chaussettes dans le coffre. Ce que dit la loi, ce que les cols imposent, et ce que nos fiches savent des routes de chaque station — cols fermés évités, bornes de recharge, état des routes en direct.

La Mongie, au pied du col du Tourmalet, fermé chaque hiver
La Mongie, au pied du col du Tourmalet, fermé chaque hiver — photo Oregon Department of Transportation, CC BY 2.0, Wikimedia Commons

Chaque hiver, les mêmes scènes aux mêmes endroits : une file de voitures à l’arrêt dans une épingle, un conducteur qui découvre ses chaînes dans le noir, un car bloqué en travers. La plupart s’évitent avec ce qu’on met dans le coffre avant de partir. Voici ce que la loi exige, ce que la montagne impose, et ce que nos fiches savent des routes de chaque station.

Ce que dit la loi Montagne II

Depuis le 1er novembre 2021, dans les communes désignées par arrêté préfectoral dans 34 départements de montagne — soit l’essentiel des stations de ski — tout véhicule doit, du 1er novembre au 31 mars, soit être équipé de quatre pneus hiver, soit transporter des chaînes ou des chaussettes pour au moins deux roues motrices.

Un pneu hiver, au sens du décret, porte le marquage 3PMSF — le pictogramme d’une montagne à trois pics avec un flocon. Le marquage M+S seul, toléré les premières années, ne l’est plus depuis le 1er novembre 2024. Beaucoup de pneus « 4 saisons » portent le 3PMSF ; tous ne le portent pas, et c’est écrit sur le flanc.

L’obligation s’applique aux voitures, aux camping-cars, aux utilitaires et aux poids lourds. Elle est signalée à l’entrée des zones par un panneau bleu au pictogramme de pneu chaîné. L’amende prévue est de 135 €.

Ce que la montagne impose, au-delà de la loi

La loi dit « chaînes dans le coffre ». La montagne dit « chaînes montées avant l’épingle ». Trois règles que les habitués suivent.

On chaîne avant, pas dedans. Sur une aire prévue en bas de la montée, à plat, avant que la route ne devienne blanche. Chaîner dans une pente enneigée, de nuit, avec les voitures qui klaxonnent derrière, est le moment où l’on se blesse.

Le panneau B26 est un ordre. Le panneau rond bleu « chaînes obligatoires » signifie qu’à partir de là, les pneus hiver ne suffisent plus : les chaînes doivent être montées. On le voit sur la route de Val-d’Isère, de Tignes, de La Mongie les jours de chute.

Une voiture de location a rarement des chaînes. Vérifiez au comptoir, ou achetez des chaussettes homologuées avant de partir — une vingtaine d’euros.

Les cols fermés l’hiver

Certaines routes de montagne ferment de novembre à mai, et un GPS qui l’ignore vous envoie dans un mur de neige. Nos temps de route, calculés sur le réseau OpenStreetMap, évitent les cols fermés l’hiver — l’Iseran entre Val-d’Isère et Bonneval-sur-Arc, le Galibier, le Tourmalet entre La Mongie et Barèges, le Lautaret quand il ferme. Quand une station se rejoint par un détour à cause d’un col, la fiche le dit : « évite le col de l’Iseran, fermé l’hiver ».

Et sur chaque page « accès », deux liens : l’inforoute du département, qui donne l’état des cols et l’obligation de chaînes en temps réel, et Bison Futé.

En voiture électrique

Le froid réduit l’autonomie d’un quart à un tiers, et une montée de 1 500 m de dénivelé consomme comme cent kilomètres de plat. Nos fiches recensent les bornes de recharge en accès libre à moins de deux kilomètres de chaque station, d’après la base nationale — le nombre de points, la puissance maximale, l’opérateur. Là où il n’y en a pas, la fiche l’écrit, avec la date de vérification : les parkings couverts des stations ont souvent des bornes réservées à leurs clients, qui ne figurent pas dans la base.

La check-list du coffre

Chaînes ou chaussettes homologuées, essayées une fois dans le garage. Une lampe frontale. Des gants qui ne craignent pas la neige. Un grattoir. Une couverture. Le plein — ou la batterie — fait en vallée, pas en station où le carburant coûte plus cher et les bornes sont prises. Et le temps de route de la fiche, augmenté d’une heure les samedis de février.

Questions fréquentes

Des pneus « 4 saisons » suffisent-ils pour la loi Montagne ?

S'ils portent le marquage 3PMSF (le pictogramme montagne à trois pics avec un flocon), oui : ils sont considérés comme des pneus hiver. Le simple marquage M+S ne suffit plus depuis le 1er novembre 2024. Sans 3PMSF, il faut des chaînes ou des chaussettes dans le coffre.

Les chaussettes à neige sont-elles acceptées ?

Oui, si elles sont homologuées (norme EN 16662-1). Elles se montent en deux minutes, sont plus faciles que des chaînes, et suffisent pour une montée de station enneigée. Elles s'usent vite sur le bitume : on les retire dès que la route est dégagée.

Que se passe-t-il en cas de contrôle sans équipement ?

Une amende de 135 € et, en théorie, l'immobilisation du véhicule. En pratique, le vrai risque est ailleurs : rester bloqué dans une montée, bloquer la route pour tout le monde, et arriver à la station après la fermeture de l'accueil.

Les stations de cet article

Ce que cet article a relevé

  • Loi Montagne II (loi du 28 décembre 2016) et décret n° 2020-1264 du 16 octobre 2020 : obligation d'équipement hivernal dans les communes désignées par arrêté préfectoral, du 1er novembre au 31 mars.
  • Temps de route et cols évités : calculés sur le réseau OpenStreetMap, en excluant les cols fermés l'hiver (Iseran, Galibier, Tourmalet, Lautaret selon les jours…).
  • Bornes de recharge : base nationale des infrastructures de recharge (data.gouv.fr), points en accès libre à 2 km de la station.