Technique

Choisir ses chaussures de ski : pointure, flex, largeur — et pourquoi la chaussure compte plus que le ski

Le ski se pilote par le pied : une chaussure trop grande, trop souple ou trop large fait skier une pointure de travers, quel que soit le ski en dessous. Voici les trois chiffres qui décident d'une chaussure — la pointure Mondopoint, le flex, la largeur du chausson — et la méthode pour les essayer en magasin.

Chaussures de ski en rayon
Chaussures de ski en rayon — photo Smithsonian, National Museum of American History, CC0, Wikimedia Commons

Un skieur qui a mal aux pieds ne skie pas ; il attend l’heure du déjeuner. Et la plupart des pieds qui ont mal sont dans des chaussures trop grandes — pas trop petites — parce qu’on les essaie comme des chaussures de ville, en cherchant le confort de la première minute. Une chaussure de ski se choisit sur trois chiffres, et se garde cinq à dix saisons. Elle vaut plus d’attention que les skis.

La pointure : Mondopoint, pas la pointure de ville

Toutes les chaussures de ski sont mesurées en Mondopoint : la longueur du pied en centimètres, avec un demi-centimètre de pas. Un pied de 27 cm chausse du 27, ou du 27,5. C’est la seule pointure qui ne ment pas — les équivalences en pointures européennes varient d’une marque à l’autre.

Comment mesurer : debout, talon contre un mur, un trait au bout du plus long orteil, sur les deux pieds — ils diffèrent souvent de quelques millimètres, et c’est le plus grand qui compte. Puis on prend la pointure exacte, pas la supérieure. Chausson neuf et pied chaud, les orteils doivent toucher le bout debout, et se dégager légèrement quand on fléchit les genoux vers l’avant. Le chausson se tasse de plusieurs millimètres en quelques journées ; une chaussure « confortable » en magasin est trop grande après une semaine.

Le vendeur vérifie par le shell fit : chausson retiré, pied dans la coque, orteils au bout, il doit rester un à deux centimètres derrière le talon. Moins, c’est trop petit ; plus, trop grand.

Le flex : la rigidité, selon le poids et le niveau

Le flex est l’indice de rigidité de la tige vers l’avant. Il va de 60 à 140 et plus, et il n’est pas normalisé : un flex 100 chez une marque n’est pas celui d’une autre. Il se lit comme un ordre de grandeur.

Trois repères. Un débutant ou un skieur léger : 70 à 90. Un skieur moyen de gabarit moyen : 90 à 110. Un bon skieur, ou un gabarit lourd, ou un skieur qui veut de la précision sur piste dure : 110 à 130. Au-delà, c’est la compétition, et c’est inconfortable pour tout le monde d’autre.

Le poids compte autant que le niveau : à niveau égal, 90 kg fléchissent une chaussure que 60 kg n’arrivent pas à plier. Et le froid rigidifie le plastique — une chaussure qui se plie bien en magasin à 20 °C est un cran plus dure à −10 °C sur le télésiège.

La largeur : le chiffre qu’on oublie

La largeur du chausson au niveau de l’avant-pied, en millimètres, est le troisième chiffre. Les chaussures étroites font 97-98 mm, les moyennes 100-102, les larges 103-106. Un pied large dans une chaussure étroite fait mal dès le premier jour ; un pied étroit dans une chaussure large flotte, et le skieur serre les boucles jusqu’à couper la circulation — c’est la première cause des pieds froids.

Le magasin mesure la largeur du pied avec la longueur. Si vous ne connaissez pas la vôtre, demandez-la : c’est le renseignement qui évite le plus d’erreurs.

Le bootfitting : ce que le magasin peut faire

Une chaussure moderne se thermoforme : le chausson, et souvent la coque, se chauffent et se moulent au pied en une demi-heure. Un point de pression localisé — malléole, os du cou-de-pied, cinquième orteil — se traite par déformation de la coque à chaud. Une semelle moulée redresse un pied qui s’affaisse et change la sensation de la chaussure plus que n’importe quel réglage.

C’est ce qui distingue un magasin de ski d’un rayon de grande surface, et ce qui justifie d’acheter ses chaussures là où l’on pourra revenir les faire retoucher. Une chaussure achetée en ligne sans essai est un pari qui se perd souvent.

Louer ou acheter

Une chaussure de location est réglée pour la moyenne des pieds, et son chausson a déjà pris la forme des cent skieurs précédents. Elle suffit pour une semaine par an. Pour deux semaines ou plus, ou dès qu’on a mal aux pieds en location, la chaussure personnelle est le premier achat à faire — avant les skis, qui se louent très bien et s’usent vite. Une chaussure de 300 à 500 € sert cinq à dix ans ; ramenée à la journée, c’est le poste le moins cher d’une semaine de ski.

En magasin, dans l’ordre

Mesurer les deux pieds, longueur et largeur. Essayer la pointure exacte avec une chaussette fine. Rester debout dix minutes, fléchir, marcher. Vérifier le shell fit. Demander le thermoformage. Et repartir avec une chaussure qui serre — pas une qui fait mal, mais une qui tient — parce que c’est celle-là qui sera parfaite après trois jours.

Questions fréquentes

Quelle pointure de chaussure de ski prendre par rapport à ses chaussures de ville ?

En général une demi-pointure à une pointure de moins en équivalent européen, parce qu'une chaussure de ski se prend au contact des orteils, chausson neuf, pied chaud. Le seul repère fiable est la longueur du pied en centimètres — c'est la pointure Mondopoint, gravée sur la chaussure.

Faut-il acheter ses chaussures avant ses skis ?

Oui, si on ne doit acheter qu'une chose. Une bonne chaussure sur des skis de location fait mieux skier que l'inverse, et elle sert cinq à dix saisons. Les skis, eux, se louent très bien.

Mes pieds ont froid dans mes chaussures de ski, que faire ?

Presque toujours, elles sont trop serrées ou les chaussettes trop épaisses : le sang ne circule plus. Une seule paire de chaussettes fines, la boucle du cou-de-pied desserrée dans le télésiège, et des chaussures séchées la nuit. Les chaussons chauffants viennent après, pas avant.

Les stations de cet article

Ce que cet article a relevé

  • Norme ISO 5355 (chaussures de ski alpin : semelle et compatibilité avec les fixations) et système de pointure Mondopoint.
  • Notices des fabricants de chaussures (indices de flex, largeurs de chausson, matériaux de coque).