Le forfait saison est le meilleur prix du ski pour qui skie beaucoup, et le pire pour qui l’achète sur une impulsion en novembre. La règle de calcul tient en une division : le prix de la saison par le prix de la journée. Le résultat est le nombre de journées à partir duquel la saison gagne. Nous l’avons fait pour chaque station de nos fiches qui publie les deux prix.
La journée de bascule
Sur les grilles relevées en septembre, le forfait saison vaut entre 11 et 20 journées plein tarif, avec une médiane autour de 15.
À Tignes et Val-d’Isère, la saison Espace Killy vaut l’équivalent de 15 journées à 78 €. Au Semnoz, 200 € de saison pour 18,50 € la journée : 11 journées. À Super-Besse, la saison se rentabilise vers la quinzième journée. Les petites stations de proximité — Chamrousse, Le Lioran, La Bresse — sont dans la même zone, entre 12 et 16.
La règle d’expérience : à partir de trois semaines de ski dans la même station, ou de dix week-ends, le forfait saison gagne. En dessous, il perd — et le décompte inclut les jours de mauvais temps où l’on ne sort pas.
Ce qui fait baisser le seuil
La prévente. Presque toutes les stations vendent la saison 10 à 25 % moins cher avant une date d’automne. C’est ce prix qu’il faut comparer : une saison en prévente à 12 journées est un bien meilleur calcul qu’à 15.
Les jours qui ne sont pas des journées. Une après-midi, un dimanche matin, deux heures avant de repartir : avec un forfait journée, on ne les fait pas — ça ne vaut pas 60 €. Avec une saison, on les fait, et ils sont gratuits. Pour un propriétaire ou un habitant, c’est ce qui change le rapport au ski.
Les avantages. Beaucoup de saisons incluent des journées offertes dans d’autres stations, des réductions pour la famille, l’accès aux domaines voisins, ou le ski d’été. Ils ne se comptent pas, mais ils comptent.
Ce qui fait monter le seuil
Le risque d’un hiver sans neige, en moyenne montagne. Une saison achetée en octobre pour une station qui n’ouvre que six semaines est perdue. Nos relevés Météo-France disent, station par station, combien de jours la neige a tenu chaque hiver — et le pire hiver de la série est le chiffre à regarder avant d’acheter.
La blessure. Une saison n’est remboursée qu’avec l’assurance qui va avec, au prorata, sur certificat. Sans elle, une entorse en janvier coûte la saison.
La lassitude. Le forfait saison de la station qu’on connaît par cœur enferme : les journées de découverte ailleurs se paient plein tarif.
Les grands domaines : la saison « vallée »
Les 3 Vallées, Paradiski, les Portes du Soleil, le Grand Massif vendent deux saisons : le domaine complet, à 1 300-1 800 €, et la vallée — Les Menuires-Val Thorens, La Plagne seule, Morzine-Les Gets — pour nettement moins. Pour un skieur du week-end qui dort toujours au même endroit, c’est la seconde qui a du sens : le domaine complet se paie à la journée les rares fois où l’on traverse.
Le tableau ci-dessous
Il classe les stations par kilomètres de pistes obtenus pour chaque euro de forfait journée — la mesure du rapport qualité-prix que nous calculons sur toutes les grilles publiées. Les fiches de chaque station donnent, quand la grille l’écrit, le prix de la saison et la date limite de prévente.










