Le plan des pistes parle une langue de couleurs, de pictogrammes et de mots qui semblent clairs. Ils le sont moins qu’on ne croit : la couleur d’une piste est relative, le mot « itinéraire » change de sens d’une station à l’autre, et « balisé » ne veut pas dire « sécurisé ». Voici le lexique, avec ce que chaque terme garantit vraiment.
Les pistes : quatre couleurs, relatives
Une piste est un espace damé, balisé, jalonné, ouvert ou fermé chaque matin par le service des pistes, et sécurisé contre les avalanches quand il est ouvert. C’est le seul endroit du domaine où cette garantie existe.
Sa couleur dit sa difficulté — verte pour l’initiation, bleue facile, rouge difficile, noire très difficile — mais elle est attribuée par la station, par rapport à son propre domaine. La norme fixe des repères de pente, mais chaque station cote ses pistes en fonction de sa clientèle : une bleue de Tignes est souvent plus raide qu’une rouge de moyenne montagne. Nos fiches reprennent la classification de la carte OpenStreetMap ; elle coïncide généralement avec celle de la station, pas toujours.
Une piste fermée est une piste où l’on ne va pas. Elle n’est plus damée, plus sécurisée, et les dameuses à treuil y tendent des câbles invisibles. Passer la corde est le geste le plus dangereux qu’on puisse faire dans une station.
Les itinéraires : balisés, pas damés
Un itinéraire — parfois « itinéraire de ski », « itinéraire non damé », marqué en pointillé ou en jaune — est un tracé balisé par des jalons mais ni damé, ni patrouillé régulièrement. Il est ouvert ou fermé, et fermé signifie la même chose que pour une piste. Ouvert, il est en général sécurisé contre les avalanches — mais c’est à vérifier auprès de la station, car la pratique varie. Le Tabuc à Serre Chevalier a longtemps été un itinéraire avant de devenir une piste ; La Grave n’a que des itinéraires.
Nos fiches distinguent les pistes des itinéraires hors-piste balisés cartographiés, dont elles donnent la longueur cumulée. Un hors-piste balisé est un itinéraire : jalonné, non damé, et à ne descendre qu’avec le matériel de sécurité.
Le hors-piste : rien n’est garanti
Le hors-piste est tout le reste du domaine — et de la montagne. Personne ne l’ouvre, personne ne le ferme, personne ne le sécurise. Le forfait donne le droit de monter, pas celui d’être secouru gratuitement : en hors-piste, les secours sont facturés dans la plupart des stations, et l’assurance du forfait ne les couvre pas toujours.
C’est le domaine du bulletin d’avalanche, du détecteur, de la pelle et de la sonde, et de quelqu’un qui connaît le terrain.
Le glacier : ouvert l’été, dangereux hors piste
Une piste sur glacier — à Tignes sur la Grande Motte, aux Deux Alpes, à l’Alpe d’Huez — est une piste comme une autre tant qu’elle est ouverte : damée, sécurisée, balisée. Elle permet le ski d’été et de fin de saison. Hors des pistes, un glacier est un terrain à crevasses, dont on ne sort pas sans corde et sans compagnon. Nos fiches signalent les domaines dont des pistes passent sur un glacier, avec le rappel que l’ouverture estivale se vérifie auprès de la station.
Les mots du forfait
Domaine relié : plusieurs stations reliées par des remontées et couvertes par un même forfait — les 3 Vallées, Paradiski, le Grand Massif, les Portes du Soleil. Forfait domaine contre forfait station : le second ne couvre que la vallée. Forfait piéton : accès à certaines remontées sans skier. Forfait débutant : limité au secteur d’initiation, souvent moitié prix. Forfait saison : rentable à partir de douze à quinze journées.
Les mots de la neige
Neige de culture : produite par des enneigeurs à partir d’eau et d’air comprimé — de la vraie neige, plus dense, qui tient mieux mais skie plus dur. Nos fiches donnent la part de pistes équipées quand la station la publie. Damage : le passage des dameuses la nuit, qui lisse et tasse la piste. Regel : la nuit claire qui durcit la neige ; la piste damée regelée du matin est la plus rapide de la journée. Transformée : la neige de printemps qui a fondu et regelé plusieurs fois — parfaite entre 10 h et midi, soupe après. Poudreuse : la neige fraîche non tassée, celle du hors-piste au lendemain d’une chute — et du bulletin d’avalanche qui va avec.








