Le froid en ski ne vient pas d’abord de la température : il vient de l’humidité et du vent. Un skieur qui transpire dans sa montée à pied, puis s’assoit dix minutes dans un télésiège à 2 500 m face au vent, a froid quelle que soit l’épaisseur de sa veste. Le système des trois couches existe pour ça : chaque couche fait une chose, et on en retire une quand il fait chaud.
La première couche : évacuer
Contre la peau, un sous-vêtement technique — haut et bas — en laine mérinos ou en synthétique, jamais en coton. Sa seule fonction est d’écarter la transpiration de la peau ; le coton l’absorbe et la garde, et un tee-shirt mouillé à −5 °C est une source de froid qu’aucune veste ne compense.
Le mérinos ne sent pas après plusieurs jours et régule mieux ; le synthétique sèche plus vite et coûte moins. Les deux se lavent le soir et sont secs le matin.
La deuxième couche : isoler
Une polaire ou une doudoune fine, qui emprisonne l’air. C’est la couche qu’on enlève au soleil de midi et qu’on remet dans le télésiège de 16 h. Une polaire de 200 g/m² suffit par temps normal ; une doudoune fine en duvet ou synthétique par grand froid. Deux couches fines valent mieux qu’une épaisse : on ajuste.
La troisième couche : couper le vent et l’eau
La veste et le pantalon ne servent pas à tenir chaud : ils tiennent le vent et la neige dehors, et laissent sortir la vapeur. Deux chiffres sur l’étiquette : l’imperméabilité, en millimètres de colonne d’eau — 10 000 suffisent pour la neige, 20 000 pour la pluie et les chutes répétées d’un débutant — et la respirabilité, en grammes par mètre carré et par 24 heures — moins de 10 000, et on mouille de l’intérieur.
Une veste non isolée (une « coquille ») se porte sur une doudoune et sert de novembre à avril ; une veste isolée est plus chaude et moins modulable. Pour une semaine par an dans une grande station d’altitude, la veste isolée est la simplicité ; pour qui skie de décembre à avril, la coquille et ses couches.
Les détails qui comptent plus que la marque : des aérations sous les bras, une jupe pare-neige, des poignets réglables, une capuche compatible avec le casque, une poche pour le forfait sur la manche gauche — côté des bornes.
Les extrémités : là où va l’argent
C’est par les mains, les pieds et la tête que le froid entre, et c’est là qu’un budget limité doit aller.
Les gants. Des moufles tiennent plus chaud que des gants ; des gants en cuir avec membrane sont le meilleur compromis. Une sous-paire fine en soie ou synthétique permet de manipuler le téléphone sans se découvrir. Une paire de gants à 30 € mouille en une matinée ; une paire à 80 € dure cinq saisons.
Les chaussettes. Une seule paire, fine, haute, en mérinos. Deux paires compriment le pied dans la chaussure et coupent la circulation — les pieds froids viennent presque toujours de là.
La tête. Le casque isole mieux qu’un bonnet, et sa doublure se retire par beau temps. Un tour de cou en polaire ou en laine ferme le col ; une cagoule fine par grand froid.
Les yeux. Le masque protège du vent et du froid autant que du soleil ; c’est l’objet d’un autre article.
Ce que la météo de la station dit
Les fiches donnent la prévision à sept jours au village et au sommet : la température, le vent, la neige attendue. À 1 000 m d’écart, il fait couramment 8 à 10 °C de moins en haut, et le vent y double. Un matin à +2 °C au village peut être un après-midi à −8 °C au sommet, avec du vent : c’est ce qui décide de la deuxième couche dans le sac.
Louer ou acheter
Tout se loue en station, sauf les sous-vêtements et les chaussettes. Pour une première semaine, louer veste et pantalon coûte 40 à 70 € et évite d’acheter du matériel qu’on n’aimera pas. Pour la suite, acheter dans l’ordre : chaussettes, sous-vêtements, gants, puis la veste et le pantalon — en fin de saison, quand les magasins de sport vendent la collection à moitié prix.






