Le ski de randonnée a changé de public en dix ans : ce qui était une pratique d’alpinistes est devenu, en bordure des stations, un sport d’endurance accessible à quiconque tient sur des skis. Ce qui n’a pas changé, c’est la montagne. Cet article dit ce qu’il faut pour commencer, comment lire une cotation, et où trouver des itinéraires décrits — nos fiches en recensent pour 323 stations.
Le matériel : ce qui change par rapport au ski alpin
Les fixations. Elles libèrent le talon à la montée et le bloquent à la descente. Deux familles : les fixations « à inserts » (dites tech), légères, qui exigent des chaussures compatibles ; et les fixations à plaque ou hybrides, plus lourdes, qui acceptent des chaussures alpines classiques et déclenchent comme une fixation alpine. Pour débuter en louant, la seconde famille est le choix sûr.
Les chaussures. Une chaussure de randonnée a un mode marche qui libère la tige, et une semelle crantée. On peut débuter avec des chaussures alpines sur des fixations hybrides — au prix d’une montée plus pénible.
Les peaux. Bandes de mohair ou de synthétique collées sous le ski, qui glissent vers l’avant et accrochent vers l’arrière. Elles se coupent à la forme du ski, se rangent pliées colle contre colle, et sèchent loin du radiateur.
Le trio de sécurité. Détecteur de victimes d’avalanche porté sous la veste et allumé, pelle et sonde dans le sac. Sans exception, y compris sur les itinéraires balisés en station — une piste fermée, un hors-piste voisin, et l’itinéraire de montée traverse des pentes qui ne sont pas sécurisées.
Lire une cotation
Les itinéraires que nos fiches recensent viennent du topoguide Camptocamp, et chacun porte plusieurs cotations.
La cotation ski, de S1 à S7, décrit la difficulté technique de la descente. S1 est une pente douce ; S2 équivaut à une piste bleue ; S3 à une rouge soutenue, avec des passages à 30-35° ; S4, à partir de 35-40°, est une pente où une chute ne s’arrête plus seule ; au-delà commence le ski de pente raide. Un débutant reste en S2 et S3 tout son premier hiver.
L’exposition, de E1 à E4, décrit les conséquences d’une chute : E1, on glisse et on s’arrête ; E2, une chute peut être grave à cause d’obstacles ; E3, elle sera probablement grave ; E4, une barre rocheuse ou un vide. Une descente S3 E1 et une descente S3 E3 ne sont pas la même sortie.
Le dénivelé positif dit l’effort : 600 à 800 m sont une première sortie raisonnable, 1 200 m une belle journée, 1 800 m une journée de montagnard.
Où faire ses premières montées
Sur un itinéraire balisé en station. De plus en plus de stations balisent une montée en bordure de piste, avec un départ, une arrivée et parfois une salle hors-sac. On y apprend la conversion, le réglage des peaux et le rythme sans le risque du terrain sauvage. Nos fiches signalent, pour chaque station, les kilomètres d’itinéraires hors-piste balisés relevés sur la carte.
Sur un itinéraire décrit, en S2, avec quelqu’un. Nos fiches listent pour chaque station les itinéraires décrits à moins de dix kilomètres : sommet, dénivelé, cotation ski, exposition, orientation, et le lien vers la description complète. En Haute-Maurienne — Val Cenis, Bonneval-sur-Arc, Aussois — le terrain est vaste et régulier ; dans le Queyras — Abriès, Saint-Véran — les pentes sont douces et les vallées calmes ; le Beaufortain — Arêches — est le terrain d’apprentissage classique des Savoyards.
Jamais seul, jamais sans le bulletin. Un débutant lit le bulletin d’avalanche du massif la veille, et renonce au-delà du risque 2 — pas parce que le 3 est interdit, mais parce qu’il ne sait pas encore reconnaître les pentes que le bulletin désigne.
Le tableau ci-dessous classe les stations par nombre d’itinéraires de ski de randonnée décrits à proximité.











