Le ski de printemps a ses partisans : soleil, terrasses, neige de « moquette » en milieu de matinée, et des tarifs qui baissent. Il a aussi ses déceptions — des pistes basses fermées, une neige de soupe dès 11 h, des retours au village en télécabine. La différence entre les deux se mesure, et nous la mesurons : pour chaque station rattachée à un poste Météo-France, nos fiches donnent, quinzaine par quinzaine, la hauteur moyenne au sol et la part des jours à 30 cm ou plus. La quinzaine du 1er au 15 avril est celle qui compte ici.
Ce que disent les postes de plus de 2 000 mètres
À cette altitude, avril n’est pas une fin de saison. À La Plagne, au poste Météo-France de la fiche (La Plagne, 1 980 m), part des jours à 30 cm ou plus dans la première quinzaine d’avril : 98 % ; hauteur moyenne au sol : 122 cm (hivers complets mesurés : 41). Au-dessus de Val Thorens, au poste de sa fiche (Orelle, 2 356 m), hauteur moyenne au sol dans la même quinzaine : 141 cm ; pour comparer, dans la seconde quinzaine de décembre : 79 cm — si haut, le manteau d’avril est d’ordinaire plus épais que celui de Noël.
La règle est simple : un domaine dont l’essentiel des pistes est au-dessus de 2 000 m skie en avril comme en février, en plus chaud. Tignes, Val-d’Isère, Val Thorens, Les Menuires en haut, La Plagne en haut, Les Arcs 2000, Les Deux Alpes sur le glacier, l’Alpe d’Huez sur ses pistes hautes.
Ce que disent les versants
Entre deux stations de même altitude, c’est l’exposition qui décide en avril. Nos fiches mesurent, sur le sens de descente de chaque piste, la part de versants nord, est, sud et ouest.
Gourette, dans les Pyrénées, skie presque entièrement face au nord : un domaine de moyenne altitude (bas des pistes : 1 351 m, sommet : 2 453 m) qui garde sa neige bien plus tard que son altitude ne le laisserait croire. Le Col de Porte, Combelouvière, Les Monts d’Olmes sont dans le même cas.
À l’inverse, La Rosière, tournée d’abord plein sud, et Chaillol sont des stations de soleil : parfaites en janvier, à skier le matin en avril.
Les surprises de la moyenne montagne
On attend peu de la moyenne montagne en avril, et on a le plus souvent raison. Mais pas partout : dans le Massif central, le Sancy garde certaines années sa neige jusqu’à la mi-avril sur le versant nord de Super-Besse ; dans les Pyrénées, la vallée d’Aure — Piau-Engaly — reçoit tard dans la saison des retours d’est qui rechargent le manteau. Les fiches disent, hiver par hiver, si ça a tenu.
Comment lire les fiches pour avril
Trois blocs, dans l’ordre. La quinzaine « 1er-15 avril » du tableau de l’enneigement mesuré : sa hauteur moyenne et sa part de jours à 30 cm ou plus. Le pire hiver de la série : c’est lui qui dit ce qui arrive une année sur dix. Les dates de saison de la station, quand elle les a publiées : une station qui ferme le 12 avril ne skie pas le 20, quelle que soit la neige.
Et un principe : le plein tarif n’est pas le prix d’avril. Les grilles passent en basse saison, les hébergements aussi — la même semaine coûte souvent 30 % de moins qu’en février, pour une neige qui, en altitude, ne vaut pas moins.
Le tableau ci-dessous est notre guide du ski de printemps : les stations dont le poste mesure au moins 30 cm au sol la plupart des jours de la première quinzaine d’avril.













