Les grands domaines reliés sont l’argument de vente des Alpes françaises, et le chiffre qui les résume — les kilomètres de pistes — est à la fois vrai et trompeur. Vrai, parce qu’il mesure une offre réelle. Trompeur, parce qu’il ne dit rien de ce qu’on skie depuis la station où l’on dort, ni du temps passé en liaison, ni du prix.
Cet article compare les six grands domaines français avec les données de nos fiches : les kilomètres, mais aussi le nombre et l’âge des remontées, leur débit, l’altitude, et le prix du forfait.
Les 3 Vallées : le plus grand, le plus haut, le plus cher
600 km de pistes annoncés, de Courchevel à Orelle, avec Méribel au milieu, Les Menuires et Val Thorens dans la vallée des Belleville. C’est le domaine où l’on peut skier une semaine sans reprendre deux fois la même piste.
Ses chiffres mesurés : Val Thorens compte 44 remontées sur sa fiche, dont le téléphérique de la Cime Caron à 3 186 m ; Courchevel, 66 appareils au registre national pour un débit cumulé de 81 749 personnes à l’heure, le deuxième de France derrière La Plagne. C’est un domaine qui ne fait pas attendre — au prix de sa fréquentation.
Le forfait : 70 € la journée aux Menuires pour l’ensemble des 3 Vallées en 2026-2027, six jours à 350 €. Le forfait « vallée » coûte une dizaine d’euros de moins.
À qui : aux skieurs qui veulent de la variété et de l’altitude, et acceptent de payer les deux. Aux débutants, on conseille plutôt de dormir aux Menuires ou à Méribel qu’à Courchevel 1850, plus cher pour un ski identique.
Paradiski : La Plagne et Les Arcs, reliées par le Vanoise Express
425 km annoncés, entre les onze villages de La Plagne et les quatre altitudes des Arcs, reliés depuis 2003 par un téléphérique à deux étages au-dessus de la vallée.
La Plagne a le parc de remontées le plus puissant de France : 109 appareils, 149 594 personnes à l’heure au registre — presque le double de Courchevel. Les Arcs montent à 3 166 m à l’Aiguille Rouge, avec l’une des plus grandes descentes de France jusqu’à Villaroger.
Le forfait : 76 € la journée à Arc 1950 pour Paradiski complet, 401 € les six jours. La Plagne seule est moins chère.
À qui : aux familles — La Plagne est l’archétype de la station où l’on dort skis aux pieds — et aux skieurs qui veulent du dénivelé sans aller jusqu’à Tignes. Belle Plagne, à 2 050 m, est le meilleur compromis altitude-prix-accès.
Portes du Soleil : douze stations, deux pays
600 km annoncés entre Avoriaz, Morzine, Les Gets, Châtel et les stations suisses de Champéry et Morgins. Un domaine bas — Morzine est à 1 000 m, Les Gets à 1 170 — sauf Avoriaz, à 1 800 m, qui en est le cœur d’altitude.
Ce qui le distingue : la forêt et les villages. Les Gets ont le parc de remontées le plus ancien de la liste — première installation en 1945, 38 ans d’âge moyen sur 30 appareils — et l’un des charmes les plus intacts. Avoriaz, sans voiture, est l’inverse : construite d’un bloc dans les années 1960, entièrement piétonne.
Le forfait n’était pas encore publié pour 2026-2027 au moment du relevé ; les fiches se mettront à jour.
À qui : aux skieurs qui préfèrent le village au front de neige, et qui acceptent une neige moins sûre en bas de saison — nos relevés Météo-France, station par station, disent combien de jours la neige tient à Morzine et aux Gets.
Grand Massif : Flaine et les villages du Giffre
265 km annoncés entre Flaine, Les Carroz, Samoëns, Morillon et Sixt. Flaine, construite dans un cirque à 1 600 m, garde sa neige bien ; les villages en bas sont à 700-1 100 m.
Ce domaine possède la plus longue piste de France sous un seul nom, la Cascades, 10,5 km et 1 594 m de dénivelé du sommet des Grandes Platières jusqu’à Sixt. Le poste Météo-France de Flaine mesure 532 cm de chutes de neige par hiver en moyenne, sur dix hivers complets.
Le forfait : 63 € la journée sur tout le domaine, 378 € les six jours depuis Samoëns ou Morillon.
À qui : aux familles et aux skieurs moyens — le domaine est large, peu raide, et Flaine est entièrement piétonne au pied des pistes.
Espace Killy : Tignes et Val-d’Isère
300 km annoncés, et surtout l’altitude : Tignes loge à 2 100 m, Val-d’Isère à 1 850, et le domaine monte à 3 455 m à la Grande Motte, dont le téléphérique arrive à 3 451 m — le point skiable le plus haut de France en hiver. Le poste Météo-France de Tignes mesure 131 jours par hiver avec 30 cm ou plus au sol.
Le forfait est le plus cher de France : 78 € la journée, 468 € les six jours.
À qui : aux skieurs confirmés et à ceux qui veulent la certitude de la neige, de novembre à mai. Aux débutants aussi, à Tignes le Lac, où le front de neige est plat et large — mais à ce prix.
Ce que ce comparatif ne mesure pas
Le charme, la restauration, l’après-ski, la vue : aucune donnée ne les mesure et nous ne les inventons pas. Ce qu’il mesure — kilomètres, remontées, débits, altitudes, prix — est ce qui décide d’une semaine de ski réussie plus souvent qu’on ne le croit. Le tableau ci-dessous classe tous les grands domaines de France, une ligne par domaine relié.
















