Chaque station affiche le nombre de ses remontées. Presque aucune ne dit leur âge, leur débit ou leur constructeur. Ces données existent pourtant, publiques, dans le registre tenu par le STRMTG — le service de l’État qui autorise et contrôle chaque appareil. Nous l’avons rapproché de nos fiches, station par station, et cet article en tire trois classements.
Les plus hautes : jusqu’où montent les câbles
L’altitude d’arrivée de chaque appareil est au registre. En haut du classement, deux catégories qu’il ne faut pas confondre.
Les remontées de glacier et de belvédère, ouvertes surtout l’été : la télécabine Panoramic Mont-Blanc à Chamonix, entre l’Aiguille du Midi et Helbronner (arrivée au registre : 3 787 m) ; les téléskis du Dôme de la Lauze aux Deux Alpes (3 642 m) et du Dôme à La Grave (3 532 m).
Les remontées de ski d’hiver : le téléphérique de la Grande Motte à Tignes (3 451 m) dessert le point skiable le plus haut de France en saison ; puis le Pic Blanc à l’Alpe d’Huez (3 318 m) ; le télésiège du Bouchet à Orelle, sur les 3 Vallées (3 242 m) ; le téléski du Montet à Val-d’Isère (3 197 m) ; la Cime Caron à Val Thorens (3 186 m) ; le télésiège du Glacier à La Plagne (3 167 m).
Les plus anciens : un siècle de mécanique
Le registre donne l’année de première mise en service. Quelques stations exploitent encore un appareil d’avant-guerre ou de l’immédiat après-guerre.
Megève (plus ancienne remontée au registre : 1933 ; remontées sur sa fiche : 39) — la station fut l’une des premières de France, créée par les Rothschild dans les années 1920, et son téléphérique de Rochebrune, ouvert en 1933, fut le premier téléphérique de France destiné au ski.
Les Houches (plus ancienne remontée au registre : 1936) : le téléphérique de Bellevue, dont la ligne existe toujours. Les Gets (plus ancienne remontée : 1945 ; remontées sur la fiche : 30). Puis Le Sauze (1946), dont le parc reste l’un des plus âgés de nos fiches.
À l’autre bout, Orelle sur les 3 Vallées et Auris-en-Oisans ont des parcs parmi les plus jeunes de nos fiches — des stations qui ont renouvelé l’essentiel de leurs appareils depuis les années 2000.
Les plus puissants : combien de personnes à l’heure
Le débit d’un appareil, en personnes par heure, est la donnée qui décide de la file d’attente. En cumulant tous les appareils d’une station, on obtient sa capacité de montée.
La Plagne est hors catégorie (débit cumulé, en personnes à l’heure : 149 594 ; remontées sur sa fiche : 109) — ses onze villages ont chacun leur parc. Suivent, sur les fiches d’aujourd’hui, Courchevel (81 749 ; remontées : 66), Val-d’Isère (73 674 ; remontées : 44), Avoriaz (66 262 ; remontées : 39) et Tignes (65 386). Les Deux Alpes (63 122), Les Menuires (56 447) et Megève (54 670) viennent ensuite.
Rapporté au kilomètre de pistes, ce chiffre dit autre chose : un domaine de 100 km à 50 000 personnes à l’heure a des remontées deux fois plus disponibles qu’un domaine de 300 km à 75 000. C’est une raison pour laquelle les stations moyennes des Alpes du Nord — Avoriaz, Megève — attendent moins qu’on ne le croit.
Appareil par appareil, sur chaque fiche
Pour chaque station rattachée au registre — fiches concernées : 190 —, la page « domaine skiable » liste les appareils un par un : nom, type, débit, longueur, dénivelé, année, constructeur — du plus gros au plus petit. On y voit qu’un domaine repose souvent sur cinq ou six appareils débrayables modernes, et que le reste est fait de téléskis des années 1970 qui desservent des pistes secondaires. C’est utile pour choisir une semaine : un domaine dont les appareils principaux ont été renouvelés attend moins, tombe moins en panne et ferme moins par grand vent.
Le tableau ci-dessous classe les stations par altitude d’arrivée de leur remontée la plus haute.














