Classement

Les remontées mécaniques de France : les plus hautes, les plus anciennes, les plus puissantes, d'après le registre national

La Plagne a le parc de remontées le plus puissant de France. Megève exploite encore une remontée d'avant-guerre. Le téléphérique de la Grande Motte dessert le point skiable le plus haut du pays. Ces classements ne viennent pas des stations : ils viennent du registre de sécurité tenu par l'État, que nos fiches reprennent appareil par appareil.

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La Plagne, le parc de remontées le plus puissant de France
La Plagne, le parc de remontées le plus puissant de France — photo DimiTalen, CC0, Wikimedia Commons

Chaque station affiche le nombre de ses remontées. Presque aucune ne dit leur âge, leur débit ou leur constructeur. Ces données existent pourtant, publiques, dans le registre tenu par le STRMTG — le service de l’État qui autorise et contrôle chaque appareil. Nous l’avons rapproché de nos fiches, station par station, et cet article en tire trois classements.

Les plus hautes : jusqu’où montent les câbles

L’altitude d’arrivée de chaque appareil est au registre. En haut du classement, deux catégories qu’il ne faut pas confondre.

Les remontées de glacier et de belvédère, ouvertes surtout l’été : la télécabine Panoramic Mont-Blanc à Chamonix, entre l’Aiguille du Midi et Helbronner (arrivée au registre : 3 787 m) ; les téléskis du Dôme de la Lauze aux Deux Alpes (3 642 m) et du Dôme à La Grave (3 532 m).

Les remontées de ski d’hiver : le téléphérique de la Grande Motte à Tignes (3 451 m) dessert le point skiable le plus haut de France en saison ; puis le Pic Blanc à l’Alpe d’Huez (3 318 m) ; le télésiège du Bouchet à Orelle, sur les 3 Vallées (3 242 m) ; le téléski du Montet à Val-d’Isère (3 197 m) ; la Cime Caron à Val Thorens (3 186 m) ; le télésiège du Glacier à La Plagne (3 167 m).

Les plus anciens : un siècle de mécanique

Le registre donne l’année de première mise en service. Quelques stations exploitent encore un appareil d’avant-guerre ou de l’immédiat après-guerre.

Megève (plus ancienne remontée au registre : 1933 ; remontées sur sa fiche : 39) — la station fut l’une des premières de France, créée par les Rothschild dans les années 1920, et son téléphérique de Rochebrune, ouvert en 1933, fut le premier téléphérique de France destiné au ski.

Les Houches (plus ancienne remontée au registre : 1936) : le téléphérique de Bellevue, dont la ligne existe toujours. Les Gets (plus ancienne remontée : 1945 ; remontées sur la fiche : 30). Puis Le Sauze (1946), dont le parc reste l’un des plus âgés de nos fiches.

À l’autre bout, Orelle sur les 3 Vallées et Auris-en-Oisans ont des parcs parmi les plus jeunes de nos fiches — des stations qui ont renouvelé l’essentiel de leurs appareils depuis les années 2000.

Les plus puissants : combien de personnes à l’heure

Le débit d’un appareil, en personnes par heure, est la donnée qui décide de la file d’attente. En cumulant tous les appareils d’une station, on obtient sa capacité de montée.

La Plagne est hors catégorie (débit cumulé, en personnes à l’heure : 149 594 ; remontées sur sa fiche : 109) — ses onze villages ont chacun leur parc. Suivent, sur les fiches d’aujourd’hui, Courchevel (81 749 ; remontées : 66), Val-d’Isère (73 674 ; remontées : 44), Avoriaz (66 262 ; remontées : 39) et Tignes (65 386). Les Deux Alpes (63 122), Les Menuires (56 447) et Megève (54 670) viennent ensuite.

Rapporté au kilomètre de pistes, ce chiffre dit autre chose : un domaine de 100 km à 50 000 personnes à l’heure a des remontées deux fois plus disponibles qu’un domaine de 300 km à 75 000. C’est une raison pour laquelle les stations moyennes des Alpes du Nord — Avoriaz, Megève — attendent moins qu’on ne le croit.

Appareil par appareil, sur chaque fiche

Pour chaque station rattachée au registre — fiches concernées : 190 —, la page « domaine skiable » liste les appareils un par un : nom, type, débit, longueur, dénivelé, année, constructeur — du plus gros au plus petit. On y voit qu’un domaine repose souvent sur cinq ou six appareils débrayables modernes, et que le reste est fait de téléskis des années 1970 qui desservent des pistes secondaires. C’est utile pour choisir une semaine : un domaine dont les appareils principaux ont été renouvelés attend moins, tombe moins en panne et ferme moins par grand vent.

Le tableau ci-dessous classe les stations par altitude d’arrivée de leur remontée la plus haute.

Les remontées les plus hautes de France, par altitude d'arrivée

Le classement complet →
# Station Massif ArrivéeRemontée
1 La Grave Alpes du Sud 3 543 mGirose (téléski à perche)
2 La Daille Alpes du Nord 3 447 mGrande Motte (téléphérique)
3 Les Deux Alpes Alpes du Nord 3 408 mDôme Nord (téléski à archets)
4 Alpe d'Huez Alpes du Nord 3 304 mPic Blanc 3 (téléphérique)
5 Les Menuires Alpes du Nord 3 221 mBouchet (télésiège)
6 Arc 1600 Alpes du Nord 3 201 mAiguille Rouge (téléphérique)
7 Aime 2000 Alpes du Nord 3 058 mGlaciers 2 (télécabine)
8 Bonneval sur Arc Alpes du Nord 2 950 m3000 (télésiège)
9 Barèges Pyrénées 2 856 mPic du Midi 2 (téléphérique)
10 Domaine du Tourmalet Pyrénées 2 852 mTéléphérique de l'Hôtellerie des Laquets (téléphérique)
11 Saint-Véran Alpes du Sud 2 805 mGrand Serre (téléski)
12 La Rosière Alpes du Nord 2 801 mMont Valaisan Express (télésiège)

Calculé en direct depuis les fiches, avec la même règle que la page de classement : ce tableau bouge quand les données bougent, pas quand l’article est réécrit.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le STRMTG ?

Le service de l'État chargé du contrôle des remontées mécaniques et des transports guidés. Il tient le registre de tous les appareils autorisés en France — téléphériques, télécabines, télésièges, téléskis, tapis — avec leurs caractéristiques. C'est un registre de sécurité, pas une brochure : il liste ce qui est autorisé, y compris ce qui ne tourne pas tous les jours.

Une remontée d'avant-guerre est-elle encore sûre ?

Une remontée est inspectée chaque année et fait l'objet d'une grande inspection périodique ; ses câbles, ses pinces et sa motorisation ont été remplacés plusieurs fois. La date du registre est celle de la première mise en service de l'appareil sur sa ligne. Un télésiège des années 1960 encore au registre est un appareil entretenu, pas une antiquité.

Quelle est la remontée la plus rapide de France ?

En débit, la télécabine et les télésièges débrayables modernes montent 3 000 à 4 000 personnes à l'heure — le télésiège des Cascades à Val Thorens en est un, et sa fiche donne le débit de chaque appareil. En vitesse, les téléphériques : la Grande Motte à Tignes, la Cime Caron à Val Thorens, à plus de 10 m/s.

Les stations de cet article

Ce que cet article a relevé

  • Registre des remontées mécaniques du STRMTG (Service technique des remontées mécaniques et des transports guidés), base CAIRN, fichier du 1er janvier 2025 : appareil, type, année de mise en service, longueur, dénivelé, débit, constructeur, altitude d'arrivée.
  • Rapprochement registre → station : par nom d'exploitant et de station, vérifié sur les fiches.