Noël est la semaine la plus réservée de l’hiver, et la plus risquée : le manteau neigeux se constitue en novembre et décembre, et un décembre doux laisse des stations entières fermées jusqu’au Nouvel An. Les brochures promettent ; les relevés mesurent. Nos fiches donnent, pour chaque station rattachée à un poste Météo-France, la hauteur au sol et la part des jours à 30 cm ou plus dans la quinzaine du 16 au 31 décembre, sur tous les hivers complets de la série. Voici ce qu’elles disent.
Au-dessus de 2 000 mètres : la neige est là
Les postes d’altitude connaissent rarement un Noël sans neige. Val Thorens d’abord, au poste de sa fiche (Orelle, 2 356 m). Seconde quinzaine de décembre, hauteur moyenne au sol : 79 cm ; part des jours à 30 cm ou plus : 100 % (hivers complets mesurés : 17). La fiche donne aussi la première quinzaine, où le manteau est d’ordinaire déjà là. La Plagne (poste : La Plagne, 1 980 m) : 67 cm au sol dans la même quinzaine (hivers mesurés : 41). Tignes (65 cm) et la nivôse de la Grande Parei, au-dessus de Belle Plagne et des Contamines (108 cm), sont dans la même situation.
C’est la raison d’être des grandes stations d’altitude à Noël : Val Thorens, Tignes, Val-d’Isère, Les Arcs 2000, La Plagne, Les Menuires en haut, Bonneval-sur-Arc. On y paie cher le forfait, pour une certitude, et à Noël c’est un calcul qui se tient.
Entre 1 500 et 2 000 mètres : selon l’orientation
C’est la zone où le versant décide. Un domaine de cette tranche tourné vers le nord — Gourette dans les Pyrénées, Combelouvière en Tarentaise — tient sa neige de Noël la plupart des années ; le même domaine plein sud la perd un hiver sur trois. Notre mesure de l’exposition, station par station, est ce qui distingue les deux.
Les Pyrénées ont une particularité : la neige y arrive souvent tard — les grosses chutes de Piau et du Tourmalet sont de janvier et février — et Noël y est moins sûr que dans les Alpes du Nord à altitude égale, tout en devenant excellent en mars.
En dessous de 1 500 mètres : une année sur deux
Les Vosges, le Jura, le Massif central, les Préalpes basses : nos relevés donnent, poste par poste, la part des hivers où la quinzaine de Noël a eu 30 cm au sol. Elle va d’une année sur trois à une sur deux selon le lieu. Ce n’est pas rédhibitoire — un décembre froid y offre des pistes vides et des forfaits à petit prix — mais c’est un pari, et la fiche de chaque station dit le pire hiver de sa série pour qu’on sache ce qu’on parie.
Les dates d’ouverture : ce que les stations annoncent
Certaines stations ont déjà publié leur date d’ouverture 2026-2027 sur leur site ; les fiches la reprennent, avec la source. Les grandes stations d’altitude ouvrent entre le 20 novembre et le début décembre ; les stations moyennes entre le 10 et le 20 décembre ; beaucoup de petites stations n’annoncent rien et ouvrent quand la neige est là. Les fiches se mettent à jour à mesure que les stations publient.
Comment choisir sa semaine de Noël
Regarder trois choses sur la fiche, dans l’ordre. La quinzaine du 16 au 31 décembre de l’enneigement mesuré : sa hauteur moyenne et sa part de jours à 30 cm ou plus. Le pire hiver de la série : c’est le scénario dont il faut accepter le risque. L’altitude du bas des pistes : une station dont le domaine culmine à 2 500 m mais dont le village est à 1 100 m aura ses pistes hautes ouvertes et son retour au village en télécabine.
Et une règle d’expérience : à Noël, l’altitude achète la certitude, et la certitude coûte. Le tableau ci-dessous est notre guide des stations enneigées à Noël plus de quatre années sur cinq, calculé sur les relevés.













